Étude de mouvement – pas de course – vu de face

Étude de proportions d'un nu au pas de course en vue frontale

 
Le défi étant toujours de « voir », nous allons tracer les simples contours du modèle pour ne voir que l’essentiel et mieux comprendre la forme.
 
Nu à la course - Tracé de la photo sur papier calque
 
Tracé de la photo sur papier calque
 
En regardant le tracé, faites tout de suite avant d'aller plus bas dans la page, l’exercice d’identifier ce que vous voyez. Faîtes-en une sorte de jeu. Vous êtes un détective de l’image et vous avez à trouver un maximum d’indices !
 
Premier coup d’œil
 
À première vue, le sujet est en train de courir. Il s’agit d’une course nonchalante, relax. Les bras sont ballants, très légèrement écartés du corps tout en restant détendus, au contraire d’une course rapide dans laquelle les bras sont plus crispés et participent à l’effort des jambes.
 
Le mouvement est quand même assez important pour que la chevelure soit soulevée par le déplacement d’air.
 
Le fait que le corps soit incliné sur le coté indique que le sujet est en train de courir en tournant, comme lorsque l’on court en rond.
 
Ce qui est intéressant, c’est qu’il se dégage de la pose une impression de mouvement tout en demeurant dans une atmosphère calme et détendue. Les représentations picturales d’effort intense sont souvent fatigantes à regarder longtemps, dégageant une atmosphère de crispation constante. Ce pourquoi les anciens peintres et sculpteurs préféraient évoquer le mouvement à la manière d’un mime plutôt que le représenter dans toute sa réalité.
 
De nos jours, nous sommes exposés à une quantité considérable d’images représentant des actions mouvementées, probablement en reflet de notre agitation constante. Ceci dit, nous n’accordons généralement qu’un temps d‘attention très court à chacune de ces images, comme dans le cas de la lecture d’une bande dessinée d’action.
 
Pour revenir à notre image, il s’agit d’un mouvement tranquille, presque contemplatif et méditatif. Si nous faisons abstraction du mouvement du bas des jambes, de l’inclinaison du corps et du soulèvement de la chevelure, le sujet semble paisible et intériorisé.
 

Tracé des axes du mouvement

 
Traçons maintenant une ligne verticale traversant le centre du corps comme point de repère, puis une ligne oblique partant du centre du visage jusqu’au centre du bassin, ligne qui nous permettra de visualiser le degré d’inclinaison de l’ensemble du corps.
 
Nu à la course - Tracé sommaire des axes
 
Tracé sommaire des axes
 
Cette simple ligne va nous aider à prendre conscience de subtilités que nous n’avions pas nécessairement décodées au premier coup d’œil.
 
Nous pouvons constater que l’axe du visage est légèrement moins incliné que le reste du corps, en contrebalancement de la jambe porteuse qui pour sa part est plus inclinée, traversant l’axe oblique.
 
Ces subtilités semblent insignifiantes, et pourtant le cerveau les décode. L’impression de mouvement sera plus important si ces écarts d’inclinaison sont plus marqués, et plus faible et statique si l’ensemble du corps s’inscrit dans une seule oblique rectiligne.
 
Les axes obliques tracés par les épaules, les seins et les mains sont à peu près parallèles et perpendiculaires à l’inclinaison du sujet. Par contre le bassin est légèrement incliné vers la gauche du sujet, à la suite d’un léger déhanchement du à la répartition du poids sur la jambe porteuse du coté droit. Les lignes des cuisses nous indiquent de leur coté que la jambe gauche du sujet est légèrement en avant de sa jambe droite.
 
En y regardant bien, la poitrine est légèrement tourné vers le coté cœur du modèle, ce qui fait que les seins ne sont pas disposés de façon tout à fait symétriques sur le torse.
 
Encore une fois, ces petites subtilités peuvent être plus ou moins marquées et contribueront le cas échéant à renforcer l’impression du mouvement général.
 
Nous avons maintenant assez « vu » le mouvement d’ensemble pour être en mesure non seulement de le dessiner, mais aussi de l’interpréter et de le modifier en l’accentuant ou en le diminuant. Nous pouvons faire l’exercice de traduire le mouvement sans aller plus loin.
 
Ceci dit, si nous voulons que l’interprétation soit fidèle en termes de proportions, nous pouvons tracer quelques rapides et simples lignes de construction à titre de repères.  

 

Les proportions et raccourcis

 
Nu à la course - Grille de construction
 
Grille de construction
 
Le plus simple dans ce cas-ci consiste à dessiner un cadre parallèle aux bords de la feuille de papier, cadre entourant le sujet approximativement du haut du crâne jusqu’au bas du talon de la jambe porteuse. En traçant les diagonales de ce cadre pour en identifier le centre, nous allons constater qu’il tombe en plein sur le nombril du sujet. Alors que pour un sujet de grandeur normale, le centre du corps est plutôt situé à hauteur de la symphyse pubienne, soit dans le haut du pubis.
 
Le nombril est d’avantage situé au centre de la hauteur du corps chez le bébé, alors que le rattachement à la mère par le cordon ombilical était quelque sorte au centre de sa vie intra utérine, avant la naissance.
 
Ce déplacement du centre, de la symphyse pubienne au nombril sur l’image, est du aux raccourcis des jambes juste en dessous des genoux, Alors que tout le reste du corps est vu en position frontale, sans effet de raccourci, la grandeur du bas des jambes est fortement diminuée en raison de l’angle de vue, ce qui donne au premier coup d’œil une illusion de « petite jambes » ou de grand tronc.
 
Nous avons tendance à corriger inconsciemment les dimensions apparaissant en raccourci pour les restituer à leur pleine et véritable valeur. Voir à ce sujet l’article Rien ne sert de courir… les yeux fermés ! dans lequel le même sujet a été dessiné en compensant librement pour la perte de grandeur des jambes en raccourci.
 
Prendre conscience des écarts de proportions dus aux raccourcis nous permet de choisir si nous voulons compenser pour se rapprocher des proportions normales ou si nous préférons traduire l’effet de raccourci tel qu’il se présente à l’œil.
 
Maintenant que nous avons « vu », nous pouvons procéder au dessin, en copiant le sujet à l’œil, ou en utilisant des repères telle la grille de construction.
 
Nu à la course - Esquisse en utilisant la grille de construction
 
Esquisse en utilisant la grille de construction
 
Nous pouvons évidemment aussi nous servir de la grille de construction après coup, pour valider ou tenter de corriger les proportions. Il est possible d’ajouter des subdivisions en traçant des diagonales pour obtenir une grille plus précise.
 
Nu à la course - Subdivision de la grille de construction au moyen de diagonales
 
Subdivision de la grille de construction au moyen de diagonales
 
Pour imprimer les dessins-modèles ainsi que la grille de construction en plein format, cliquez ici pour accéder au pdf.
 
Nu à la course - Rendu sommaire des ombres
 
Rendu sommaire des ombres
 
Nu à la course - Rendu des valeurs
 
Rendu des valeurs
 
 
Source d’inspiration : Photo publiée dans le livre The Female Figure In Movement by Thomas Jennings
 

Maintenant, c’est à votre tour de faire l’exercice. Envoyez-nous les résultats !
 
Nous reviendrons sur le sujet de la course. Si vous trouvez de bonnes photos de modèles nus en train de courir, envoyez-nous en pour les prochains dessins, c’est assez difficile à trouver !