Tâtonnements, hésitations et reprises autour d’un visage endormi.

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Je me suis arrêté devant cette pose tranquille. Peut-être parce que cette image représente en elle-même l’arrêt, non pas l’immobilisation d’un mouvement, mais plutôt la suspension de l’agitation.

En ce qui me concerne, prendre le crayon, c’est déjà accepter de s’arrêter. S’arrêter de courir et retrouver la source intérieure de vie.

Dessiner un visage endormi ramène à cette présence paisible qui émane de l’être lorsque celui-ci cesse de s’agiter. Peut importe l’âge de la personne qui dort, il y a toujours de l’enfance qui affleure du corps en repos.

La personne qui dort a d’une certaine façon déjà retrouvé son foyer de paix intérieur. Ce qui n’est pas nécessairement le cas de la personne qui est en train de la dessiner.

J’ai esquissé une première fois les lignes de ce visage endormi. J’étais touché par la quiétude et l’abandon qui se dégageaient de la pose. Mais, sans doute parce que je n’avais moi-même pas encore actualisé cette quiétude et abandon en moi-même, je ne parvenais pas à « rentrer » dans le dessin. Devenant impatient, j’avais juste envie de l’abandonner.

J’ai senti que j’étais encore trop distant du sujet, qu’il me fallait encore ralentir et me rapprocher pour mieux percevoir la vie infuse qui se dégageait du corps endormi.

Ce qui ressemble à tendre l’oreille dans le silence pour mieux écouter et entendre les frémissements et murmures silencieux de la vie.
J’ai alors cherché un détail sur lequel me concentrer. J’ai choisi l’oreille, laquelle est un peu comme un résumé de l’ensemble du corps, ressemblant à un fœtus replié en sa matrice, la tête en bas.

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Je l’ai dessiné une première fois, mais je n’arrivais toujours pas à rentrer dans le dessin, J’ai recommencé en offrant encore plus d’espace pour accueillir les formes de vie sur l’espace du papier. En travaillant les nuances à l’aide de fines hachures, j’ai commencé à percevoir la vie émanant de l’oreille.

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J’ai continué le dessin en me préoccupant avant tout de connecter avec ce qu’on pourrait appeler la « vibration » de la matière. Difficile à imager, cela ressemble au pétillement des cellules lorsque l’on se sent pleinement vivant, par exemple après avoir nagé dans la mer.

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Ne me souciant plus des proportions, il s’en est ensuivi une légère déformation du visage.

J’ai recommencé une quatrième fois, en cherchant cette fois-ci à intégrer les mains dans le dessin, lesquelles me semblaient aussi importantes que le visage pour traduire l’état de paix intérieure.

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Le crayon a progressivement repris vie et je me suis réconcilié avec la pratique de dessin, l’impatience a commencé à s’estomper. Du coup, j’ai pu revenir au tout premier dessin et commencer à le retravailler dans la quiétude…

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Une autre histoire à suivre!

Comment aborder le portrait nu?

Supposons que vous étiez vous-mêmes nus, en compagnie de votre conjoint ou conjointe, debout tous les deux, exposés au regard de la personne qui tient le crayon, le pinceau ou l’appareil photo… Comment aimeriez-vous être regardé, ou quel genre de regard voudriez-vous que l’on ne pose pas sur vous?

Le seul fait d’être dénudé, d’exposer sa vulnérabilité, demande préférablement une considération spéciale de la part de la personne qui regarde.

Le portrait nu est doublement sensible, d’une part parce que le portrait est personnel, que c’est l’image spécifique et reconnaissable de la personne qui est représenté, et d’autre part en raison de la nudité du sujet.

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Comment aborder le portrait nu? Préférablement avec soin, et encore mieux avec amour.

Dessinez votre modèle nu comme si vous étiez vous-mêmes le sujet du dessin, et que vous cherchiez à offrir à votre modèle la même considération aimante que vous auriez aimé recevoir si vous aviez été à la place du modèle. Et cela totalement indépendamment du résultat de l’œuvre.

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Ce discours peut sembler quelque peu à contre-courant dans un monde gouverné par la performance et les apparences, et dans lequel il n’y a que peu de place pour la tendresse. Les arts ne font pas exception à cette tendance. Ce qui compte avant tout sur la scène artistique contemporaine, c’est le résultat, c’est l’impact public et la capacité d’attirer l’attention par l’originalité de la démarche, même si cela doit passer par une forme de non-considération du modèle et de la vie en général. Puisqu’il nous faut dès lors, en tant qu’artistes contemporain, nous dissocier d’une réalité qui nous paraît souvent peu attrayante, pour imposer une vision qui se démarque de la norme, plus relevée, plus tranchante, et il faut le reconnaître, dans bien des cas plus élitiste aussi.

Beaucoup de portraits nus contemporains, en dessin et en peinture, ne sont pas à l’avantage du modèle. En ce sens que si ces portraits sont frappants, c’est que leur traitement est presque caricatural, le modèle ayant servi de point de départ à une exploration graphique ou à l’expression d’un ressenti qui vient se surajouter à l’apparence du modèle, dénaturant en quelque sorte le sujet lui-même.

Il n’y a rien à redire à propos de cette compétition artistique, de cette course à l’originalité à tout prix, en fonction de la reconnaissance publique. C’est la règle de ce jeu, bien qu’elle a entrainé à certains égards une vision plus froide et cynique de la vie, souvent déshumanisée, qui a eu tendance à marginaliser les arts visuels contemporains, à rendre ceux-ci moins accessibles au grand public.

Pour en revenir à la pratique du dessin, pour le bonheur de sa simple mise en œuvre, sans aucune considération de ce que l’on espère en retirer en termes de résultats, il y a certainement beaucoup plus de paix et de sérénité à dessiner par amour du sujet que par « amour » de la reconnaissance publique!

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Il arrive souvent que la pratique du dessin soit mise de coté par les autres préoccupations de la vie.

En fait, il semble toujours y avoir plus urgent et plus important à faire que dessiner. Et pourtant…

Et pourtant, cette petite pratique est génératrice d’espace intérieur, elle permet une distanciation de ce qui nous agite extérieurement, et nous invite peu à peu dans un refuge de paix – pour autant que qu’elle soit pratiquée pour elle-même, et non pour en retirer quelque chose.

Mais, me direz-vous, quand on n’a pas le temps, quand on a plus le temps…?

Je vous répondrai : ne cherchez surtout pas un espace-temps dans votre tête, il ne semble jamais y en avoir, du moins pas pour le dessin.

Visez plus petit et moins ambitieux!

Négociez avec votre raison, dites-lui : « un petit cinq ou dix minutes, sur le bord d’une table, une simple feuille de papier avec un crayon à mine, quelques traits de crayon pour apprivoiser un détail du corps… »

Soyez persistant dans votre demande, vous finirez par l’obtenir, et ce ne sera pas du temps perdu à courir après votre ombre!

Donc voici un détail du corps en nature, dessiné en guise de reprise de la pratique du dessin après une période très occupée.

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Si vous voulez entreprendre une pratique légère, non seulement choisissez un détail, mais aussi arrangez-vous pour « voir simple », en ne vous attachant pas aux petits détails qui auront tôt fait de rendre le processus de dessin lourd et fastidieux. Une fois les grandes lignes esquissées, situez sommairement les zones ombrées.

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Pour finir, avec quelques rehauts de hachures au crayon, ne précisez que les formes qui vous apparaissent essentielles. Laissez le reste dans le flou, cela donnera au dessin un effet de photo prise avec une très faible profondeur de champs, avec des parties hors foyer.

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Détail des hachures

Réalisation d’un dessin en trois étapes sur le thème de l’expression des corps, à partir du geste spontané d’un couple naturiste.

Le corps parle, et il a son propre langage. Nous l’oublions souvent tant notre attention est focalisée sur les mots, les idées et la communication verbale, focalisation qui fait que, lors d’une rencontre, une grande partie de notre attention est portée sur le visage.

Le corps est porte-parole, il est porteur de message et de sens, autant par ses formes, ses couleurs, son état, son jeu d’ombres et de lumière, son attitude et ses poses que par ses gestes.

Il faut avoir décroché des mots et de la pensée, avoir retrouvé un état de disponibilité intérieure, souvent dans le silence, pour redécouvrir la présence et le langage spontané du corps. La pratique de la photo et du dessin du corps nu favorise ces retrouvailles avec l’expression naturelle du corps. « Retrouvailles » parce qu’en fait l’expression non verbale du corps est notre langage premier, notre parole embryonnaire et primitive, notre premier élan de communication, déjà présent dans le ventre alors que le fœtus est à peine formé.

Le nouveau-né exprime très clairement l’abandon, le besoin de fusion ou le rejet au moyen de son corps, bien avant que la pensée s’articule sous forme de mots.

L’artiste visuel ne peut faire autrement qu’être à l’écoute du langage du corps, celui-ci étant son premier médium, avant même que l’image prenne forme dans la matière des crayons et peintures. Dans l’image ci-dessous, ce sont les corps qui m’ont interpellé.

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Esquisse de base

La femme, la main sur l’épaule de l’homme, tend une branche fleurie vers celui-ci.

Le geste est tout simple, anodin, et pourtant il dit beaucoup.
Toutes sortes d’interprétations sont possibles, et il n’appartient pas à l’artiste de les formuler. Au plus simple, on pourrait dire que dans ce geste le corps féminin, en tant que porteur de vie, apporte le fruit de celle-ci à la conscience de l’homme. Ou que symboliquement le corps de la planète, dans sa générosité et son abondance, offre tendrement sa promesse de vie à l’être humain, pour autant que celui-ci cède ses instincts de domination et retrouve sa sensibilité naturelle. Une centaine d’autres interprétations pourraient sans doute être aisément formulées, l’image les contient toutes à l’état latent, et c’est là sa richesse, celle qui nous fait dire qu’elle vaut mille mots.

Au moment où une image accroche mon attention, dès l’instant où j’en entrevois la richesse cachée, je n’ai aucun besoin de commencer à me poser des questions sur le sens qui s’en dégage. Il me suffit de reconnaître que l’image est parlante, que le corps a quelque chose à dire, et de commencer à travailler pour en révéler toutes les nuances sans les formuler. Si je les formulais, si ma nécessité première était de traduire les sens cachés en mots, l’écrivain prendrait le dessus sur l’artisan de l’image.

Comme cet article a déjà généré beaucoup de mots, il me suffit de résumer le fait que cette image d’un couple naturiste m’a accroché et que j’ai reconnu qu’elle était implicitement porteuse d’un « message » que je voulais à mon tour relayer en la dessinant, et en me faisant l’interprète de la “parole du corps”.

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Indication des ombres au graphite

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Rendu final avec hachures

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Détail des hachures


Source d’inspiration : Contribution d’une photographe naturiste. Merci au couple naturiste qui a accepté de prêter son image pour réaliser ce dessin.

Le modèle vient de sortir de l’eau. Assise sur la rive, baignée de soleil, effleurée par une légère brise, elle ferme les yeux durant quelques secondes, sans doute pour mieux écouter le chant de son corps en résonance avec la nature environnante.

Ce petit instant en lui seul résume toute la session de photo en nature qui vient de se faire. Un espace de disponibilité intérieure s’est ouvert, offrant une nouvelle dimension à la représentation de la scène telle que perçue par le regard extérieur.

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Esquisse à l’estompe

C’est souvent dans la rencontre entre la perception extérieure, et l’espace sensible de l’intériorité, que l’image trouve sa pleine présence.

Comme c’est dans le rencontre entre la scène extérieure éclairée par le soleil, et l’espace vierge de la chambre noire intérieure du boitier photographique, que la photo voit le jour.

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Travail des ombrages avec hachures

En dessin, la reproduction exacte de ce qui est perçu du dehors ne suffit pas.

Cela prend autre chose, une forme d’accueil intérieur de ce qui est vu extérieurement.
Un accueil tendre, sans jugement.

De la même façon qu’une terre féconde accueille la petite semence et lui permet de donner fruit.

L’été est une période extraordinaire pour recueillir des instantanés du corps en nature.

Mais ce n’est parfois qu’à l’automne, ou même au creux de l’hiver, que l’instantané se métamorphosera en instant d’éternité sous le travail patient du crayon.

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Détail des hachures

Comment dessiner les reflets de l’âge sur le corps tout en rendant hommage à toute la plénitude de vie qui l’habite? Une démonstration de dessin réalisée avec un simple crayon à mine et de la poudre de graphite.

L’approche

Pourquoi ne voit-on pas plus souvent d’œuvres représentant le corps marqué par l’âge?
L’homme contemporain va célébrer la beauté d’un vieil arbre centenaire, mais il va cacher le corps vieillissant comme s’il s’agissait d’un motif de honte.

Il est indéniable que l’être humain n’aime pas se faire rappeler qu’il est fragile, vulnérable, et encore moins que son apparente manifestation est éphémère. La vue du corps vieillissant constitue presque un affront pour beaucoup, surtout après avoir tiré une certaine fierté d’un corps en forme et au maximum de ces capacités. Il en va de même avec la vision du corps blessé ou malade.

La personne qui prend le crayon est inévitablement invitée à prendre conscience des conditionnements qui limitent son regard et à les dépasser progressivement au travers de la pratique du dessin (Lire à ce sujet l’article Rajeunir le regard qui a été écrit en même temps que celui-ci).

Une fois le regard libéré de ses réflexes préférentiels, l’artisan dessinateur dessinera le corps travaillé par les années et la vie avec autant de tendresse et d’amour que s’il s’agissait du corps d’un nouveau-né.

De fait, une espèce de conviction prend place au cours des années de pratique de dessin, c’est que ni l’esprit, ni l’âme, ni la matière en elle-même ne vieillissent, seule la forme qu’ils prennent est altérée dans le jeu de l’apparente manifestation. Un peu comme une sculpture de sable dont la forme se déconstruit, sans que « l’esprit » de cette forme (le concept de la sculpture), ni le sable en lui-même, n’en soit altéré.

Sur un plan biologique, les atomes ne se rident pas et les cellules ne cessent de se renouveler. Seule, l’organisation de la forme enregistre la marque du vécu et le passage des ans, comme s’il fallait que l’une des dimensions de la vie, celle qui est la plus apparente, témoignent de l’expérience de l’être.

La pratique

Sur le plan pratique, il est beaucoup plus difficile de trouver des modèles ou des références photographiques pour dessiner le corps nu marqué par l’âge. Et si le visage de la vieillesse a été honoré par un certain nombre de photographes, le corps de la personne âgée continue à faire l’objet d’un double tabou. Au tabou de la nudité, s’ajoute celui du corps vieillissant.

À part quelques rares exceptions de photographes ayant touché le sujet ou de contextes spécifiques tels des archives médicales ou ethnologiques, ou encore des publications naturistes, l’image du corps des personnes âgées reste bien cachée.

Sans bousculer la pudeur naturelle de nombre de personnes âgées qui préfèrent restées voilées, l’artisan dessinateur qui désire rendre hommage au corps témoin du passage des années devra faire preuve d’une certaine détermination et persévérance.

La photographie qui a servi de modèle à la présente étude de dessin a été tirée d’un vieux livre Surface Anatomy (Anatomy for Artists) qui a le mérite de présenter une série de photographies du corps humain dans tous les âges et sous un éclairage faisant ressortir le modelé des formes.

L’étude représente la même personne, vue de profil et de trois-quarts arrière. Les bras sont relevés et cachent le visage pour préserver l’identité du modèle.

Dessiner les grandes lignes du corps d’une personne âgée est très similaire à la réalisation d’une esquisse d’une personne plus jeune. La structure corporelle de la pose ou du mouvement ne change que très peu. C’est au niveau du rendu que le traitement diffère.

Première observation dans le toucher du crayon : celui-ci demande d’emblée à se faire plus léger et discret. Si le tracé des contours est trop ferme et affirmatif, l’image du corps âgé risque rapidement de devenir caricaturale.

Que votre crayon en soit d’autant plus « pudique » et respectueux, à la mesure de la réserve naturelle qu’une personne âgée peut avoir à se dévoiler.

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Une façon de traduire les contours d’un corps qui au fil des ans a été pétri par la vie, est de l’esquisser progressivement en permettant aux traits de respirer, en leur conservant une forme de perméabilité vibrante, non définie, non fermée.

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C’est comme si, pour véritablement traduire la vie et une certaine plénitude ou richesse du corps qui a vécu, le dessinateur de cœur doit d’abord s’incliner, reconnaissant qu’il vient les mains vides et qu’il ne sait rien, tel l’apprenti qui questionne la sagesse de son aîné.

Lorsque l’artiste aborde le sujet avec trop de confiance ou certitude, il va presqu’immanquablement reproduire le cliché de la personne vieillissante, l’idée préconçue que la collectivité s’en fait.

D’autre part, si le corps dévoilé est déjà synonyme d’une certaine mise à nu ou vérité au-delà des masques et apparats, le corps de la personne âgée est doublement révélateur.
Le corps de l’âge ne triche pas. Non pas qu’il révèle avant tout le vieillissement, mais plutôt la nature de l’âme face à son parcours de vie. L’amertume ou la plénitude, le repli sur soi ou la générosité, la suffisance, la sécheresse de cœur et la lourdeur, ou au contraire l’effacement, la sensibilité avenante et la légèreté d’être, tout apparaît en transparence de la chair comme dans une vitrine.

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Quoiqu’il en soit, efforcez-vous de dessiner le corps de l’âge avec tendresse et compassion. Le regard dominant de la société contemporaine est déjà assez cynique et sarcastique merci! Nul besoin de lui fournir de nouvelles cibles faciles en exposant les corps vulnérabilisés par l’usure du temps à la critique et à la moquerie.

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En fait, dessiner un corps travaillé par le cours des ans, c’est comme contempler le reflet d’un paysage à la surface d’une eau frémissante.

Le paysage d’origine ne cesse d’être là, intact, dans toute sa présence, mais sa perception devient mouvante, animée par un souffle venu d’ailleurs.

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Une façon très simple de rendre la richesse de vécu du corps de la personne âgée est de revenir sur chaque partie du corps comme s’il s’agissait d’un tout en soi. Dessinez chacune de ces parties avec la même tendresse que si vous étiez en train de dessiner un nouveau-né, ainsi le corps âgé au complet chantera la vie au travers d’un chœur de voix de bébé!

Nous reviendrons sur ce sujet prochainement.

Étude réalisée pour la série « Corps de vie ».

Consultez le bulletin, ou abonnez-vous, pour être informé de toutes les nouvelles parutions au http://dessinerlecorps.wordpress.com/

Cet article suit les études de contractions publiées la semaine dernière.

Comme précédemment mentionné, le processus « d’accouchement d’une œuvre » est très similaire dans ses étapes, et même ses ressentis, à celui de l’accouchement d’un bébé. La similitude est évidente pour toute personne qui prend le temps d’écouter cette dimension en sa propre intériorité, peu importe le fait qu’elle ait elle-même vécu un accouchement ou non, et qu’elle soit un homme ou une femme.

Une petite histoire personnelle pour illustrer cette analogie entre le processus de création et celui de pro-création biologique :

J’ai vécu, comme beaucoup d’artistes, d’importantes phases de remise en question de ma démarche artistique. Avoir l’impression de ne plus savoir où l’on s’en va, d’être perdu, de ne plus trouver le sens, le feu, la direction. Tout en ressentant une forte nécessité que quelque chose sorte, s’exprime.

Dans mon cas, cette urgence d’expression était d’autant plus forte que je n’avais strictement aucune idée de ce qui voulait se dire.

Cette période a duré plusieurs mois. L’intensité des « contractions » augmentant avec les semaines, j’en finis par développer un mal de ventre permanent.

Certains jours, il me semblait qu’un issue de dessinait, qu’une orientation prenait forme, et puis le lendemain, immanquablement, tout ce qui avait été entrevu me paraissait vain et futile, sans aucun sens. Systématiquement, après quelques croquis et esquisses, je laissais tomber tout ce que j’avais entrepris.

Toujours est-il qu’après des mois de tournage en rond, en désespoir de cause, je me décidai à remettre mon incapacité à m’en sortir par moi-même dans d’autres mains. Cette fois là je m’en remis à ce que nous appelons communément le « hasard ».

J’avais pas loin une pile de vieux livres usagé que je venais d’acheter et que je n’avais pas encore lu. J’en pris un et je décidai qu’en ouvrant le livre au hasard, la première illustration sur laquelle je tomberai déterminera le sujet de dessin sur lequel je me concentrerai durant les prochaines semaines.

C’était un très vieux livre rapiécé qui datait de la fin des années 1800 et qui décrivais, gravures à l’appui, les positions d’accouchement pratiquées par divers peuples autour de la planète. L’ayant ouvert au hasard, je tombai sur une gravure représentant une image d’une indienne sioux en contraction et à la veille d’accoucher. Assise en tailleur, elle exerçait une forte pression avec ses bras croisés sur son ventre, dans le but manifeste d’encourager l’expulsion de l’enfant.

Je dois dire que la vue de cette image a provoqué une sorte de choc intérieur, une sorte de reconnaissance immédiate de l’ensemble de mon corps à l’effet que ce qui était décrit extérieurement c’était exactement ce que je vivais intérieurement!

J’étais effectivement en train de « pousser » à deux bras sur mon ventre pour essayer de « sortir ce que j’avais dans les trippes »!

Aucun concept, aucune idée de tête ne pouvait se substituer à la nécessité d’exprimer ce que j’avais dans le ventre!

Je me reconnaissais pleinement dans cette image d’accouchement, cherchant à « enfanter » ce qui voulait sortir de ma propre grossesse intérieure.

Cette image a effectivement déterminé le sujet de dessin sur lequel je me suis concentré durant une longue période de temps.

Lors d’une séance de pose, j’ai demandé à un modèle de mimer cette position d’accouchement, à la fois intérieure et extérieure, pour la dessiner ultérieurement.

Cela fait maintenant longtemps que cette pose m’accompagne et que j’essaye de temps en temps d’en faire un dessin.

Cette fois-ci, j’ai choisi d’esquisser la pose en plan rapproché, comme si celle-ci était vue de très proche, invitant le témoin à la vivre de l’intérieur plutôt que de la regarder de loin, comme une scène extérieure à sa propre réalité.

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Plusieurs éléments, comme les yeux fermés, la pose de repli, et le « rideau » de la chevelure, concourent à traduire une ambiance d’intériorité, ramenant le témoin à sa propre réalité intérieure :

Quelques notes personnelles, prises lors des premières étapes de dessin :

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Le corps à la verticale, le visage penché à l’horizontale et les cheveux tombant vers le bas forment un « U » inversé, une forme de voûte ou d’abri intérieur.

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La position ouverte des jambes, en tailleur, crée un espace, un nid prêt à accueillir la nouvelle vie.

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L’ensemble du corps plongé dans une légère pénombre, un peu comme s’il se trouvait sous une tente.

Le rideau de la chevelure tombe du visage et filtre la lumière en provenance de l’arrière plan, renforçant l’effet d’abri intérieur.

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Vu que la tête est légèrement vue du dessus, les lignes des arcades sourcilières, du nez, des lèvres et du menton s’arrondissent.

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Le dessin le la chevelure est simplifié pour ne retenir que les lignes principales.

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Dans ce cas-ci, la personne qui a pris la pose n’était pas enceinte (Merci au modèle d’avoir accepté de jouer la scène d’accouchement). Le ventre a été arrondi par la suite.

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Détail du rendu final avec hachures.

Ce dessin a été réalisé dans le cadre de la série thématique « offrandes de vie », et a servi d’illustration pour l’une des mini-affiches de l’espace message pour corps.

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Voir et imprimer l’affiche en pleine grandeur

Les « études » préliminaires à la réalisation d’un dessin, ces esquisses que l’artiste entreprend pour mieux étudier son sujet, constituent une merveilleuse façon d’approfondir le regard porté sur la vie.

Vu qu’il s’agit d’une phase exploratoire, l’artiste à tendance à s’accorder une beaucoup plus grande liberté que lorsqu’il entreprend l’œuvre finale, se concentrant sur la quête de sens plutôt que sur le rendu et les apparences.

Ci-dessous, trois études réalisées sur le thème des contractions, ces phases intenses de l’accouchement dans lesquelles tout le corps se mobilise pour préparer la mise au monde du nouveau-né.

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La contraction de l’accouchement est un sujet qui a des résonnances universelles, que l’on soit homme ou femme, en ce sens que nous vivons toutes et tous des périodes de contractions, certaines plus souffrantes que d’autres, avant d’en arriver à « accoucher » d’une action, d’une œuvre ou d’une nouvelle vie.

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Nous pourrions dire d’une certaine manière que l’artiste vit une période de fécondation, de grossesse et de contraction pour chaque œuvre qu’il tente de mettre au monde. Et dans certains cas, « ça pousse fort et longtemps » avant que le bébé parvienne trouver son chemin.

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C’est dans cette recherche d’interprétation de la dimension universelle de la contraction précédant toute forme d’accouchement intérieur que la présente série d’études a été réalisée. Le modèle n’est pas dans ce cas-ci regardé comme une source d’information sur un sujet extérieur, mais plutôt considéré à titre d’interprète incarnant une réalité qui est vécue avant tout intérieurement.

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Rondeurs et plénitude

Chaque chose qui cherche à se dire et à s’exprimer en nous, à partir du moment où nous en concevons la simple présence, prend un certains temps pour mûrir, pour croître et prendre de l’amplitude avant d’être délivré.

Cela prend une forme d’écoute intérieure pour faire de la place à ce qui veut émerger du dedans. La pose prise par le modèle traduit bien cette écoute intérieure. Le corps n’est pas dans une attitude sociale ou mondaine, il est replié au sol et la tête est baissée, intériorisée, pour mieux entendre.

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À l’écoute

Dans cette pose-ci, le modèle repose sa tête sur le sol et entoure son ventre avec ses mains. Les yeux fermés, il sonde la vie qui cherche à prendre sa place en lui.

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Dans cette troisième pose. Le modèle est encore plus proche du sol, il semble encourager doucement l’enfant à venir au monde, assurant celui-ci qu’il ne sera ni abandonné ni dépourvu, des bras, un cœur tendre et une poitrine abondante étant là pour l’accueillir.

De la même façon, l’artiste est parfois appelé à « encourager » son œuvre à voir le jour, dans le sens qu’il lui faut dépasser es mécanismes de craintes, similaire au trac de l’artiste de la scène, de peurs de la critique et du rejet.

Pour finir, signalons que le modèle, réellement enceinte, a pris spontanément les poses d’écoute intérieure de la vie à naître, sans être dirigé, et que chacune des positions suggérant les contractions d’accouchement traduit tout naturellement le dialogue intérieur, que celui-ci soit conscient ou inconscient, entre l’artiste et l’œuvre à naître.

L’apport du modèle dans ce processus est aussi déterminant que l’apport de l’artiste. On l’oublie souvent et peu d’artistes le reconnaissent, la maternité-paternité de l’œuvre est conjointe, comme dans le cas d’un nouveau-né !

Ces études ont été réalisées pour la série thématique « Offrande de Vie »

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Une dernière petite note pour revenir sur le sujet des « études » thématiques, la réalisation de ces dessins préliminaires peut sembler vaine et inutile au novice, comme s’il devait faire un détour avant d’en arriver à la réalisation de l’œuvre proprement dite. Et pourtant, c’est précisément ce « détour » qui vient donner de la profondeur à l’œuvre finale, et qui fait que celle-ci aura une histoire à raconter, une richesse de vécu à confier.

Un nouveau dessin, toujours pour répondre à la demande de plus de tendresse sur Internet (Voir l’article Internet en manque de tendresse, et les autres articles dans la catégorie Dessin de tendresse).

L’image représente la tendre étreinte d’un couple en nature, à proximité d’un tronc d’arbre.

Le cadrage se résume à un plan rapproché, ne laissant voir qu’une partie des visages et des corps. L’homme est presque invisible, nous ne voyons pas son visage ni ses bras, son corps figurant une simple présence. C’est le sujet féminin qui exprime toute a tendresse du geste. Ses bras entourent en douceur le corps de l’homme, et elle incline affectueusement sa joue contre l’épaule de celui-ci.

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Croquis

Ce qui ressort des grandes lignes du croquis préliminaire, ce sont les courbes, les courbes convergentes des corps qui se rapprochent l’un de l’autre, l’arrondi des mains de la femme qui se moulent au dos de l’homme, et l’arc de cercle de ta tête de l’homme qui disparaît derrière la rondeur du visage féminin.

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Rendu des valeurs

Le rendu sommaire des valeurs à l’estompe traduit la sensualité de l’étreinte, tout en nuances et en tonalités satinées, se fondant les unes aux autres. Aucune lumière dominante ou tranchante. L’éclairage diffus des sous-bois, lesquels filtrent et tamisent la lumière crue du soleil, joue en faveur de la scène.

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Travail des nuances avec hachures

Une attention particulière a été donnée au rendu de la fluidité de la chevelure. Les mèches de cheveux, qui tombent en chute sur le visage, sont traitées à la manière de filets d’eau semi transparents. Ce léger « voile de soie » vient renforcer l’intériorité de ce qui est vécu par le couple, les yeux clos, à l’écoute des corps en accordance.

L’étreinte est tendre et sincère, et d’une certaine manière innocente, sans attentes. La même expression et le même geste pourraient facilement être transposés dans une scène ou une petite fille retrouve les bras de son parent.

Pour la petite histoire et le « making of » de l’image, cette scène de tendresse n’a pas été prise à même l’intimité partagée d’un véritable couple. La scène a été saisie lors d’une séance de pose avec deux modèles en nature. Les deux figurants amateurs s’étaient entrevus quelques fois auparavant et c’était leur première séance de pose en commun. L’ensemble de celle-ci, consacrée à des compositions dans la lumière des sous-bois, s’est déroulée dans le plus grand respect mutuel. Vers la fin de la séance, alors qu’ils venaient de prendre une série de poses debout avec un simple contact des mains, les modèles se sont rapprochés et ont spontanément pris cette pose de tendre « câlin ». Le geste était très léger et chaste, comme c’est généralement le cas pour deux personnes qui se prennent dans les bras pour la première fois.

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rendu final

Il en est ressorti, sur papier, une tendre scène de couple. Bien que là encore, le regard qui sera posé sur cette image, dépendra de la personne qui la verra. Certains y verront peut-être une union charnelle intense alors que d’autres ne verront que ce que cela a été : un premier contact, hésitant et respectueux, entre deux êtres qui s’apprivoisent.

Dessin réalisé pour le nouveau espace en construction « Corps à corps ».

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Encore merci aux modèles volontaires qui prêtent leurs images à la démarche de Dessiner le corps!

Quelques trucs pour traduire le jeu de lumière sur le corps avec un simple crayon à mine.

Pour commencer, ne pas oublier que plus les formes sont simples, plus celles-ci laisseront de la place au jeu de lumière. Un dessin détaillé, avec une grande richesse de lignes, « emprisonnera » les nuances de tons et de couleurs. Celles-ci n’auront en quelque sorte pas l’espace nécessaire pour s’exprimer.

Idéalement, avant de commencer un dessin, nous pourrions nous poser la question suivante : « Qui va être la vedette cette fois-ci? Qui, des couleurs, de la lumière, des textures, formes ou jeux de lignes, sera en avant-plan, qui décrochera le premier rôle? »

Sachant qu’une fois que l’un sera mis en avant, les autres devront se faire plus discrets et jouer un rôle de soutien, comme les voix d’un chœur accompagnent en arrière plan la prestation d’un soliste.

Dans ce cas-ci, le premier rôle est donné au rendu des clairs-obscurs. Les formes du dessin se feront en conséquence sobres et discrètes. L’ensemble de la scène ne comprend que trois éléments dépouillés : le corps nu, un mur nu, et une petite ouverture dans le mur au travers de laquelle filtre une lumière nue (le coin de fenêtre)

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À la base, le dessin du corps est très simplifié. Les formes sont schématiques et massives, à la manière des sculptures primitives.

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La composition est également très réduite : un simple plan taille frontal dans lequel le sujet s’incline latéralement vers la source de lumière. Le sujet est légèrement décentré vers la droite. Tout son corps s’incline vers la gauche, vers le rebord de la fenêtre sur lequel il s’appuie.

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Les lignes de construction font ressortir l’inclinaison du corps.

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Le personnage est plongé dans la pénombre de la chambre. La lumière filtrant par la fenêtre tombe en oblique à la gauche du sujet, éclairant au passage une mèche de cheveu, sa joue, le sein et l’avant bras. Au plus simple, en utilisant un style genre BD avec de simples aplats de tonalités, cela donne une série de taches de lumières s’inscrivant sur le même axe.

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Un rendu sommaire des clairs-obscurs est réalisé en distribuant la poudre graphique au moyen de l’estompe. Après quoi les nuances et dégradés peuvent être travaillés au moyen des hachures. Pour mieux visualiser l’effet global du jeu de lumière, enlevez vos lunettes (si vous en portez), plissez vos paupières de façon à ce que l’image vous apparaisse plus sombre et floue, identifiez les tonalités qui demandent à être assombries ou palies, puis continuez à les retravailler.

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Effet de flou obtenu en plissant les yeux

Ce dessin, « Nu à la fenêtre », a servi de base pour des illustrations réalisées pour une série en préparation appelée « Corps de Vie ». Ci-dessous, un aperçu de la mise en valeur finale des illustrations avec la recherche de sens qui s’en dégage.

Signification ou sens intérieur de l’image

Chaque image a un sens, il s’agit juste de prendre le temps d’aller à la rencontre de ce sens…

En art pictural, les rendus en clair-obscur cherchent souvent à traduire un état, une émotion intérieure, et dans certains cas révèlent la présence d’un « drame » profond.

L’essentiel de « l’histoire » de l’image « Nu à la fenêtre » se résume à un dialogue entre l’obscurité et la lumière.

Nous n’avons pas besoin de savoir ce que le personnage vit précisément. Quelques indices suffisent pour deviner l’état qui est vécu intérieurement.

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Dans cette image, Le personnage émerge de la pénombre d’une chambre, à peine éclairée par une unique fenêtre. On devine que, si ce n’était de cette petite ouverture percée à même le mur, le personnage serait plongé dans l’obscurité complète. Il disparaîtrait entièrement dans le manteau de l’absence de lumière.

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Intérieurement, l’absence de lumière représente la non visibilité, le retrait et le cas échéant l’isolement.

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Dans le dessin, ce retrait dans l’ombre est renforcé par le fait que le personnage a les yeux fermés. Nous pourrions affirmer qu’en dedans de lui, il est encore dans la noirceur. Peut-être se sent-il mélancolique, ou même dépressif, ne se percevant pas loin d’un certain vide, du néant, ou du moins ne « voyant » aucune issue lumineuse à ce qui lui paraît un sombre cachot existentiel.

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L’ensemble du corps est incliné, comme s’il allait vaciller et sombrer au plus bas. La tête elle-même semble fléchir, ne trouvant plus la volonté d’aller de l’avant. Et pourtant, en réalité, la main a déjà trouvé l’appui de la fenêtre haute et s’y accroche fermement.

Même si le sujet n’a pas ouvert les yeux, même s’il n’a pas encore ouvert ses propres fenêtres intérieures qui lui permettront de sortir de son isolement intérieur, la lumière n’est pas loin, elle filtre déjà sur son corps. En fait, son cœur baigne d’ores et déjà dans la clarté du jour, comme en témoigne la lumière inondant son sein gauche.

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Source d’inspiration : Autoportrait photographique fourni par le modèle.

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