Étude de mouvement

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Analyse de mouvement d'un saut – Femme sautant au dessus d'un obstacle, d'après une séquence de photos d'Eadweard Muybridge

Le plus grand défi, pour la personne qui dessine un mouvement en plusieurs étapes, c'est de conserver les mêmes proportions d'un dessin à l'autre, de façon à ce qu'il y ait une continuité et que le personnage se ressemble.

Différents petits trucs peuvent être utilisés pour faciliter le processus. L'un consiste à tracer une série de lignes horizontales équidistantes sur le fond, ce qui permet de s'en servir de repères pour situer plus précisément le positionnement d'un mouvement par rapport a l'autre.

Pour éviter la fluctuation des proportions du corps, ce qui est particulièrement important en animation, reporter quelques simples mesures, comme par exemple la hauteur de la tête, du tronc et de la cuisse, d'un dessin à l'autre.

La méthode la plus utilisée pour favoriser la fluidité et la cohérence de l'ensemble de la séquence, revient à esquisser les lignes du mouvement au moyen d'une série d'arcs de cercle représentants le parcours des différentes parties du corps dans l'espace.

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Croquis avec lignes repères et lignes de mouvement.

Commencer par réaliser une étude de l'ensemble du mouvement au moyen d'une série de croquis, en s'inspirant d'une séquence de photos ou d'images tirées d'un mouvement filmé.

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Étude du mouvement de saut

Les dessins de cet article ont été réalisés en s'inspirant d'une séquence de photo figurant dans le livre The Human Figure in Motion de Eadweard Muybridge, L'outil de référence photographique sur le mouvement de l'être humain le plus utilisé par les illustrateurs, animateurs et auteurs de bande dessinée.

Disposer l'ensemble des images l'une à la suite de l'autre et vérifier si la continuité du mouvement est fluide et que les proportions du sujet restent constantes avant de détailler les formes et valeurs.

Dans la première phase du saut, le sujet prend son élan et décolle du sol. Dans ce cas-ci, contrairement au saut à pieds joints, l'une des jambes est projetée en avant de manière à enjamber l'obstacle tandis que l'autre jambe assure la poussée nécessaire au saut pour ensuite se replier et survoler l'obstacle à son tour. Les bras participent également à l'effort et sont projetés en avant vers le haut, comme s'ils essayaient d'atteindre un support auquel s'accrocher.

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Mouvement de décollage du sol

Dans la deuxième partie du saut, le sujet redescend vers le sol. La jambe qui avait assurée la poussée rattrape celle qui l'avait devancée dans le saut pour la dépasser et amortir la première l'impact de l'atterrissage au sol. Les bras miment un mouvement de battement d'ailes en s'abaissant pour ensuite remonter au moment du toucher du sol, comme pour alléger la chute.

Les mèches de cheveux et les seins renforcent l'effet de descente en remontant vers le haut.

La tension musculaire, généralement moins apparente chez les sujets féminins, est visible particulièrement dans les muscles abdominaux et les jambes.

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Mouvement d'atterrissage

Nous avons beau avoir étudié la perspective, l’anatomie, les règles de la composition, et plus et plus, le processus de dessin à main levée continuera toujours à se pratiquer avec une part d’essai-erreur !
 
En d’autres mots, nous n’avons d’autres choix que de d’abord plonger en se lançant sur le papier, et ensuite de « barboter » dans le flou avant que se précise la forme. Et dans le cas de manque de points de repères tangibles, quand notre œil n’a que peu de références connues sur lesquelles s’appuyer, nous serons encore et encore appelés à redessiner jusqu’à ce que le dessin entre dans sa juste résonance.
 
Dessiner un sujet à main levée est une aventure « obligée », celles et ceux qui voudraient une recette infaillible sont mieux d’utiliser une photocopieuse ou de s’en tenir à la peinture par numéro.
 
Dans le cas du dessin ci-dessous, le léger raccourci en contre-plongée déstabilisait suffisamment la lecture des proportions pour que les membres du corps aient à être rajustés à plusieurs reprises. Et même avec toutes les corrections, des « erreurs » subsistent.
 
 
Esquisse d’un saut de danse en contre-plongée
 
Le but, encore une fois, n’est pas d’atteindre une inatteignable « perfection », mais bien d’accepter de vivre pleinement l’aventure du dessin et de se faire l’interprète du vivant.
 
Et pour cela, le fait de coller scrupuleusement aux apparences ne suffit pas, comme en témoigne le fait que si l’on trace consciencieusement une photo, le dessin qui en sortira apparaîtra souvent maladroit et disproportionné.
 
 
Rendu sommaire des ombrages
 
De la même façon qu’à l’étape du dessin des contours, le processus de mise en valeur sera l’occasion d’à nouveau procéder à d’autres réajustements des formes et proportions, le rendu des ombrages faisant ressortir d’autres « erreurs ».
 
 
Mise en valeur avec hachures
 
Il est toujours possible, pour débuter, d’utiliser de simples lignes de constructions pour faciliter le processus. Voir le même mouvement, dessiné étape par étape, au moyen d’une grille de construction.
 
Ce dessin de saut de danse fait suite au dessin d'un « pas de danse » (arabesque) déjà publié, en s’inspirant du même modèle.

Source d'inspiration : Photo attribuée à Andre de Dienes