Créer une illustration sur le sujet de l’accueil du nouveau-né
à partir d’une pose interprétée par deux modèles.
à partir d’une pose interprétée par deux modèles.
Deux modèles ont mimé l’accueil d’un nouveau-né en prenant diverses poses devant la caméra. Défi : Même s’il y a déjà une certaine tendresse exprimée à l’égard du nouveau-né dans les gestes des modèles, il reste du chemin à faire avant que la scène devienne crédible, surtout par le fait que le bébé n’est pas encore présent dans les bras de la mère.

Tracé de la mise en scène avec modèles
Un petit coté amusant à la pose retenue, c’est que l’homme est presque caché derrière la femme, comme s’il était intimidé par la venue du nouveau-né.
Modifications proposées à la pose
Si je m’en tiens au tracé fidèle de la photo, je constate que le regard de l’homme ne regarde pas dans la même direction que celui de la femme. Celle-ci regarde le visage du nouveau-né, alors que l’homme a le visage tourné en direction des pieds du bébé.
D’autre part le geste du bras gauche de l’homme, dont la main est déposée sur la cuisse de la femme, ne semble pas cohérent avec le reste de la position. Au contraire du bras droit dont la main tient l’épaule de la femme, ce qui pourrait exprimer une certaine « tension » liée à la timidité de l’homme et au fait de vouloir resté caché derrière la femme, la main gauche est beaucoup plus nonchalante comme si tout était normal. De plus le bras gauche n’apparaît pas clairement entre le sein et le bras de la femme.
Je remarque aussi que la femme tient les bras assez hauts et serrés, ayant à fournir plus d’effort musculaire pour maintenir le bébé dans cette position que si elle adoptait une position plus décontractée et plus proche de ses jambes.
Je commence l’esquisse de la composition de façon très imprécise, cherchant à situer la scène dans l’espace.

Croquis sommaire
Puis je commence à confirmer les grandes lignes de la figure centrale en donnant aux bras de la femme un mouvement plus ample.

Esquisse des grandes lignes
On peut voir d’emblée sur le croquis, à la largeur des épaules de la femme, que j’ai inconsciemment voulu rendre le coté « Terre-Mère » de la femme, accueillant le nouveau-né dans un espace vaste et solide.
Ensuite je détaille le visage et les bras pour m’assurer de la viabilité de la pose avant d’aller plus loin.

Esquisse du visage
J’esquisse le reste de la scène en prenant soin d’inverser l’angle du visage de l’homme pour que cette fois-ci il regarde dans la même direction que la femme

Esquisse globale
Si vous avez de la difficulté à figurer cette inversion, imprimez le tracé du modèle en haut de page, retournez la feuille, le partie dessinée vers le bas, et posez la sur une table lumineuse, ou encore appliquez là contre une fenêtre de la maison. Calquez par transparence le visage inversé sur le dos de la feuille.
Je donne aussi un peu plus d’angle à la cuisse droite de l.’homme pour qu’elle se démarque d’avantage du corps de la femme, sa jambe étant trop cachée pour qu’on puisse comprendre qu’il est agenouillé derrière la femme.
Je recommence le visage de l’homme, de façon à ce que la tête soit encore plu baissée, comme un enfant intimidé. J’ai choisi volontairement d’appliquer la ligne des lèvres de l’homme sur la ligne de l’épaule de la femme, comme si l’homme embrassait sa compagne au passage.

Détail du visage
Ensuite j’esquisse une nouvelle position pour le bras gauche de l’homme, plus en harmonie avec l’ensemble de son mouvement.

Repositionnement du bras
En prenant une distance du dessin, et en le regardant à l’envers, je m’aperçois que j’ai accordé beaucoup d’espace à la poitrine de la femme, entre le bas du menton et les seins. Il est fréquent que l’on amène une déformation involontaire en fonction de ce qui retient notre attention. Dans ce cas-ci, je voulais sans doute inconsciemment rendre le coté « tout cœur » du geste d’accueil de la femme, ce qui fait que j’ai agrandi l’espace poitrine-cœur.

Esquisse d’ensemble
J’accepte cette déformation involontaire comme étant « providentielle », dans le sens qu’elle est porteuse de sens. Trop de personnes, en jugeant ce qu’ils considèrent comme des « erreurs » de proportion, éliminent toute interprétation, signification et créativité spontanée.
Je ne corrige donc pas ce que j’aurais pu considérer comme étant une erreur. Je décide plutôt d’amener un petit changement en périphérie pour compenser cette modification porteuse de sens. Dans ce cas-ci je descends un peu le bassin et les jambes pour donner un peu plus d’espace vers le bas et faire en sorte que les seins n’aient pas l’air de tomber trop proche des jambes.

Esquisse avec corrections
Je remonte un peu les épaules de l’homme pour renforcer son mouvement d’ensemble.
Je prends une pose pour mieux laisser vivre en moi la scène.
J’essaye de situer très sommairement le jeu d’ombres.

Rendu sommaire des valeurs
Sans doute inspiré par le coté « Terre-Mère » de la figure féminine, j’ai l’élan de rendre hommage aux peuples autochtones et à leur grande proximité avec la vie sous toutes ses formes.
J’ai peu de documentation sous la main. Je fais quelques croquis rapides à partir d’images trouvées sur Internet. J’utilise le crayon de couleur noir pour me forcer à simplifier et m’empêcher d’effacer et de chercher à trop parfaire le dessin, de façon à ne conserver que l’essentiel de l’information.

Croquis de peuples autochtones

Croquis d’un bébé au sein

Croquis d’une mère et de son enfant
Au départ je pensais mettre le nouveau-né au sein, mais le geste de tendresse de la mère du dernier croquis m’a tellement touché que je voudrais rendre cette dimension d’une façon ou d’une autre.
Je commence à modifier les visages d’après les croquis des peuples indigènes.

Modification des visages
J’esquisse la position du bébé et j’adapte la hauteur des seins en hauteur.

Modifications de l’espace d’accueil du nouveau-né
J’essaye de rendre le mouvement d’abandon du bébé endormi d’après le dernier croquis de la mère et l’enfant.

Croquis de la position du nouveau-né
Je le mets à l’envers pour mieux voir le visage.

Détail du visage
Je confirme la position des membres du bébé, tout en les raccourcissant, de façon à les rapprocher des proportions d’un nouveau-né. Je détaille les mains dans l’abandon.

Esquisse du nouveau-né
Puis, je prends à nouveau une distance pour laisser vivre l’ensemble !

Esquisse complétée
Pour finir, je travaille le rendu des couleurs et procède à la mise en page finale de l’illustration accompagnée du message qui s’en est dégagé.

Rendu des couleurs

Illustration finale























